Poilus, empereurs et Manzanilla

27 Nov Poilus, empereurs et Manzanilla

Première neige
Il pleut sur le Carrousel

Samedi et Dimanche 27 – 28 Novembre 1915

Nuit presque blanche. Je me suis levé à 4h pour pouvoir prendre le tram de 6h à Loo. Une forte gelée avait durci le sol et une belle gelée blanche couvrait les prairies. Tout était encore engourdi et c’était le grand calme froid, le même qui vous prenait lors des départs matinaux pour les parties de chasse à Remouchamps où Xhoris. Ce sont des moments pleins de charmes où l’on se sent heureux de vivre et surtout de sentir le charme de la nature. Heureux celui qui les goûte!

6h le tram arrive. Il nous conduit à Klein-Leisele où un train nous prend, qui va jusque Calais. Tout le pays est couvert de neige. Le coup d’oeil est chamant dans les dunes.

Franz que j’espérais retrouver à Calais ne s’y trouve pas (Vermer ne l’a pas vu. Il n’a pas de nouvelles de Paul). Je n’ai plus qu’à partir pour Paris où j’espère retrouver Franz. Le train de 6h33 du soir m’a déposé à Paris le lendemain à 7h 1/2 au matin après un trajet horriblement fatiguant en 3ème classe et dans un wagon bondé de poilus qui crachaient. C’est tout dire! C’est encore une chose vexante, le simple soldat ne peut se payer une seconde classe. Il ne peut plus non plus obtenir sans pertes le changement de ses billets belges en billets français. C’est dégoûtant.

Train embarquant des troupes française lors de la mobilistation

Carmen par Cécil B De Mille (1915) avec Geraldine Farrar

A 7h 1/2 donc, j’étais débarqué sur les quais de Paris Nord. Un petit plan où étaient indiqués  les monuments de Paris me servit de guide. Ma première impression fut celle d’une ville où la guerre a fermé beaucoup d’établissements. Ce qui m’épatait c’est que dans les églises il y avait foule. Mais quelle distraction, ce n’est que vers 11h que je me suis souvenu que c’était dimanche, et c’est ainsi que je me suis mis en devoir d’entendre une messe entière.

A l’église de la Madeleine je suis tombé sur Baldrini. J’ai dîné avec lui. Après le dîner nous sommes partis en ballade vers les Invalides. C’est près de là que par le plus grand des hazards Franz m’a reconnu dans la foule.

C’est une chance providentielle, car Franz avait négligé se faire inscrire à la nouvelle France et nous aurions pu circuler longtemps dans Paris sans nous rencontrer. Notre joie fut grande. Enfin après 8 mois nous allons pouvoir parler en tête à tête de tous les évènements passés.

Notre première promenade consista en la visite des Invalides et du tombeau de Napoléon. Ce dernier est situé dans un cadre imposant. Mais ce brave Napoléon m’eut plus impressionné si je n’avais jamais vu la guerre! Maintenant que je sais ce que c’est, l’enthousiasme s’en ressent fort…

Le soir à l’Opéra Comique nous avons vu Carmen

Première neige
Il pleut sur le Carrousel

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