Noël à la guerre comme à la guerre

24 Déc Noël à la guerre comme à la guerre

En route pour Lampernisse
Maigre cadeau

Vendredi 24 décembre et samedi 25 décembre 1915

Noël

 

Veille de Noël. La seule besogne consiste à vider l’abri des hommes, inondé par 20 cm d’eau.

Le soir, après les patates, nous nous sommes couchés à 5h1/2 pour nous lever à 11h du soir.

A 11h1/2 nous parions à Nieucapelle afin d’assister à la messe de minuit. Marchant en tête des onze copains et jouant sur mon ocarina des airs de Noël, ils chantèrent dans la nuit le « Minuit Chrétien »,  » il est né le Divin Enfant », le « Gloria », etc. L’effet était émouvant et poétique. La chapelle improvisée se trouvait trop petite pour la centaine de soldats qui assistaient à la messe.

L’office fut fini à 1h1/2. Nous nous dirigeâmes vers notre poste d’observation situé dans le grenier d’une petite ferme isolée à 100m des tranchées belges. Les boches se trouvaient au-delà de l’Yser et de l’inondation de façon qu’il n’y avait pas de danger pour nous.. Au poste, une table en L avec nappe blanche, verres et fleurs, nous attendait, chargée de cakes, biscuits et fruits, le tout disposé avec grand goût. Les sièges étaient rembourrés avec des sacs à terre du génie et les places étaient désignées à chacun par une petite carte avec le nom et dans le coin; Yser:Noël 1915. La charpente du grenier était tapissée avec des petits sapins et du buis, et des bougies disposées un peu partout formaient le luminaire. Cette décoration convenait tout à fait pour bien fêter la « Christmas ». Paul Declercq présidait et tous les amateurs se firent entendre dans leur répertoire où Bastin et Georges se distinguèrent particulièrement, ce dernier très comique avec un chapeau de paille de femme à grand bord et petit fond, une fleur dans les cheveux et une orange traversée par une ficelle comme breloque! de Longueville lui, se distingua par ses hurlements et Frédéric par ses rasades! Bref, à 6h1/2 du matin, Frédéric se voyait obligé de rester au poste, et les autres regagnèrent Nieucapelle par le chemin boueux, où Bastin s’étala trois fois de tout son long dans la boue.

Enfin, après maints faux-pas et trente-six difficultés, nous revîmes nos (?) qui nous conservèrent jusque tard dans la journée.

(Nous avions bu sept bouteilles de champagne et une vingtaine de vins).

 

Noël 1915

En route pour Lampernisse
Maigre cadeau

Suivez les carnets de guerre par email

1Comment
  • Eric Duchateau
    Posted at 22:09h, 20 janvier Répondre

    nous revîmes nos couches qui nous conservèrent jusque tard dans la journée.

Post A Reply to Eric Duchateau Cancel Reply