Franz

13 Mar Franz

Triste cérémonie
Les plumes

Lundi 13 mars 1916

Ma permission pour Avecapelle est accordée. Je pars vers 9h pour arriver au cantonnement de Franz à 11h.
Franz ayant travaillé la nuit, est libre jusqu’au soir. C’est tout heureux que nous nous revoyons après près de 3 mois. C’est la première fois que je le voyais en uniforme de sous-lieutenant, le bonnet de police sur la tête. Bonne balle avec cette coiffure!
Que de choses à se raconter, quelles bonnes heures passées ensemble à reparler de la famille!
Après un très bon dîner auquel je fis honneur avec toute ma goinfrerie de « Jas », nous nous sommes baladés par un doux soleil dans les environs du cantonnement. (ndlr: Jean Timmermans écrit « Yas »)
Voilà des officiers qui soignent leurs hommes. Jamais je n’ai vu un cantonnement si confortable et si propre. L’hygiène semble y être une des plus grandes préoccupations. Une cantine admirablement pourvue permet aux hommes de se fournir à bon prix. Des cours sont donnés régulièrement aux illettrés par un brancardier instituteur. Voilà ce qui s’appelle s’occuper de ses hommes. Et ne songez pas que cette compagnie n’a rien à faire. Elle ne cesse jamais de travailler, c’est celle du génie belge qui a perdu le plus d’hommes et c’est celle qui possède aussi le plus de décorés pour dévouement.
Il faisait si bon et je m’amusais si bien que, sans hésiter, je décidai de rester encore un jour.
Après le souper, Franz est parti au travail et moi, avec l’aumônier, j’ai développé quelques photos.
Pour la nuit, j’ai eu le lit d’un officier et, le lendemain, une ordonnance avait ciré mes godasses et blinqué mes guêtres. Quel luxe et que de prévenances pour un Jas!
Triste cérémonie
Les plumes

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